Vers une médecine intellitive du sujet
Interface vivante entre mémoire et exposition : vers une médecine intellitive du sujet
Proposition : Penser ensemble les deux dimensions fondamentales de l’existence incarnée :
- Le mnémosome – mémoire vécue, ressentie, construite, transmise
- L’exposome – ensemble des expositions vécues, souvent invisibles mais biologiquement agissantes
Note sur le terme « intellition » :
L’**intellition** désigne un **acte intérieur de compréhension vivante**,
qui dépasse le simple savoir ou la cognition formelle.
C’est une **intelligence incarnée**, **sensible**, **relationnelle**,
par laquelle un sujet reconnaît, relie, et fait sens à partir de son vécu.
Elle est toujours située, contextuelle, et souvent silencieuse.
L’intellition est à la pensée ce que le sentir est à la sensation :
une **connaissance en acte**, plus qu’un résultat abstrait.
Hypothèse centrale
Toute personne est le lieu d’une double inscription :
- Ce qui lui est arrivé dans son corps, son environnement, sa trajectoire (exposome)
- Ce qu’elle en a retenu, interprété, symbolisé, transmis (mnémosome)
Entre les deux : un espace de résonance, parfois de conflit, parfois de guérison.
Objectif
Construire une médecine intellitive – c’est-à-dire :
- attentive à la mémoire
- sensible à la narration
- ancrée dans le réel exposant
- ouverte à l’interprétation symbolique et au soin global
Schéma conceptuel (textuel)
Mémoire (mnémosome)
/ \
Récit Affect
Sens Silence
\ /
Interface
/ \
Données Environnement
Médicales Expositions
\ /
Corps (exposome)
Applications envisagées
- Médecine narrative enrichie par les données environnementales
- Entretien de mémoire couplé à l’anamnèse médicale
- Cartographie des expositions croisées avec l’histoire de vie
- Protocoles éthiques d’écoute et de co-analyse récit / vécu
Effets attendus
- Détection de souffrances sans mots
- Légitimation de vécus ignorés par les systèmes de soin
- Apaisement par reconnexion des récits et des empreintes
- Meilleure cohérence entre traitement médical et expérience vécue
Enjeux philosophiques
- Reconnaître que la personne n’est pas réductible à ses données
- Penser le soin comme un lieu d’intellition croisée (savoir, mémoire, présence)
- Ouvrir la médecine à la profondeur temporelle du sujet
Conclusion
Vers une clinique du lien entre mémoire et exposition. Une médecine non pas seulement préventive ou curative, mais résonante, incarnée, reconstructive.